Prospective – Le palmarès mondial des entreprises… en 2035

Une « business fiction » présentée à l’occasion de l’inauguration des nouveaux locaux parisiens de l’Edhec.

Le groupe indien Tata rachète Microsoft. Google fusionne avec Goldman Sachs… Non, ce ne sont pas les derniers scoops d’une actualité en fièvre, mais quelques-uns des points clefs d’une fiction. Daniel Franklin, éditeur exécutif de l’hebdomadaire britannique « The Economist », s’est en effet amusé à imaginer comment pourrait évoluer le monde économique dans les deux prochaines décennies et à bâtir un classement « exclusif » des dix premières firmes de la planète à l’horizon 2035. Un palmarès qu’il présentera le 16 février, à l’Edhec, à l’occasion de l’inauguration du nouveau « campus executive » parisien de la business school – et qui devrait faire, par la suite, l’objet d’un livre. « Tout cela n’a aucune chance de se produire dans la réalité, admet le journaliste. E t c’est pourtant tout à fait sérieux. Je suis parti des tendances qui sont à l’oeuvre dès maintenant, et j’ai essayé de voir à quoi elles pourraient aboutir dans quelques années. »

Premier constat sur lequel s’appuie Daniel Franklin : l’accélération spectaculaire des changements au cours de ces dernières décennies. « La « destruction créatrice » chère à Schumpeter n’a jamais été aussi rapide, observe Daniel Franklin. La durée de vie moyenne des grandes entreprises a chuté dans des proportions vertigineuses. Aux Etats-unis, en 1920, elle était de 65 ans, selon Standard & Poors ; elle est désormais de 10 années. Sur les 500 premières firmes mondiales de 1957, seules 74 existaient quarante ans plus tard. Le mouvement a toutes les chances de se poursuivre. » Fusions, rachats et autres transformations d’entreprise en tout genre devraient s’accélérer. Sans oublier les croissances ultrarapides. « Facebook n’a que huit ans d’âge, et c’est déjà une énorme entreprise… »

Deuxième observation : les frontières entre secteurs d’activité s’estompent. Les technologies de l’information sont présentes partout, l’électronique est aujourd’hui incontournable dans l’automobile, les questions d’énergie obligent à repenser de nombreux métiers… En outre, de nouveaux entrants changent la donne, comme Apple dans la musique ou Google dans la publicité.

D’autres types d’entreprises

L’irruption des marchés émergents est évidemment un facteur majeur de changement. La Chine et l’Inde abritent déjà quelques-unes des plus grandes firmes mondiales. Ce n’est qu’un début. « Les Etats-Unis devraient pourtant rester une puissance de premier plan, même s’ils cèdent du terrain face aux émergents, estime Daniel Franklin. Grâce à la taille de leur marché et à leur écosystème propice à l’innovation, ils devraient garder leur avantage compétitif. » Des sociétés innovantes d’envergure mondiale pourraient cependant voir le jour dans de petits pays – à l’instar de Skype, société qui a été créée en Estonie en 2003.

Autre facteur de rupture, la connaissance de plus en plus fine d’un nombre toujours plus élevé de consommateurs. « Dès maintenant, les technologies permettent de connaître une foule d’informations sur les habitudes d’achat et les goûts de chacun », rappelle Daniel Franklin, qui imagine ainsi une fusion entre Google et Goldman Sachs.

Quant à la question des ressources naturelles, elle restera primordiale. C’est encore dans ce domaine que l’on devrait trouver demain les entreprises les plus importantes. Mais, à côté du secteur de l’énergie (gaz, pétrole, électricité…), d’autres ressources pourraient s’imposer. C’est le cas de l’eau, promise à devenir un enjeu géostratégique. Au sommet du Top 10 de 2035, trône ainsi Exxon-Hydro, qui combine énergie et eau.

Enfin, la nature même des entreprises pourrait évoluer. « On a pris l’habitude de s’intéresser aux grands groupes privés ou publics, souligne Daniel Franklin. Mais d’autres structures se développent. Par exemple, le « family business », les conglomérats ou encore les sociétés capitalistes d’Etat, comme c’est le cas en Chine. »

Autant de pistes – parmi de nombreuses autres -qui s’additionnent et se combinent pour dessiner le futur du monde des affaires. Pour Benoît Arnaud, directeur de l’Edhec Management Institute, la démarche est riche d’enseignements : « Bien sûr, il s’agit d’une vision personnelle, pleine de fantaisie et même d’une bonne dose d’humour. Mais, dans le même temps, ce travail de prospective nous incite à penser autrement et à prendre de la hauteur. Pour une école de management, c’est un exercice salutaire. »

L’Edhec voit d’ailleurs dans ces bouleversements à venir une validation de sa stratégie. « D’abord, nous cherchons à avoir un impact sur les entreprises, notamment à travers nos activités de recherche, indique Benoît Arnaud. Cela nous pousse à nous rapprocher d’elles le plus possible. Et dans tous nos programmes pour dirigeants – MBA, Emba, AMP… -nos participants effectuent au moins un séjour sur trois continents, afin de se frotter à différents « business models ». Manager une entreprise en Inde n’a rien à voir avec une start-up de la Silicon Valley. Acquérir une expérience de l’interculturel, s’imprégner de la culture de l’autre, comprendre comment on gère les risques ailleurs, tout cela fait désormais partie du bagage indispensable du manager… »

JEAN-CLAUDE LEWANDOWSKI

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