Steve Jobs: le management par le perfectionnisme

Un management interventionniste et perfectionniste chez Apple

[…] Travailler avec Steve Jobs n’avait pourtant rien de simple. Sous son ère, le processus de création émanait des plus hautes sphères. Sûr de son fait, le PDG imposait sa vision. Dans les interviews, Jobs citait souvent ce bon mot d’Henry Ford :«Si j’avais demandé à mes clients ce qu’ils attendaient, ils auraient répondu ‘un cheval plus rapide’», et non une voiture. «Ce n’est pas le rôle du client de savoir ce qu’il veut», ironisait-il peu après la présentation de l’iPad.

Déterminé, Steve Jobs perçoit dès le début des années 1980 que l’ordinateur personnel va devenir un bien de grande consommation, quand l’industrie tend encore à imaginer le PC comme une version réduite des ordinateurs, réservée aux professionnels. Il récupère le projet Macintosh à Jef Raskin, que l’interventionnisme du jeune co-fondateur d’Apple finit par exaspérer. Incontrôlable, Steve Jobs impose déjà son avis, touche à tout et met ses équipes au secret. Vingt ans plus tard, il appliquera les mêmes recettes lors du développement de l’iPhone.

À chaque fois, Steve Jobs se montre d’un perfectionnisme implacable. Chez Apple, ses proches gardent en mémoire ses sombres colères et ses jugements glaçants. «Nous n’avons pas encore de produit», a-t-il lancé devant 200 personnes lors de la première grande présentation d’un prototype de l’iPhone en 2006, à quelques semaines seulement du lancement du premier téléphone d’Apple. «Il était méthodique et attentif à tout», racontait l’automne dernier John Sculley, PDG d’Apple dans les années 1980, un des responsables de son éviction à qui il n’a jamais pardonné. […]

Pointilleux, Steve Jobs était avant tout un adepte du minimalisme. De retour chez Apple en 1997 après dix ans d’absence, il stoppe la commercialisation du Newton, l’assistant personnel dont l’iPhone est un lointain héritier et renonce aux clones, ces ordinateurs compatibles avec le Mac mais conçus par d’autres fabricants. Apple revient à l’essentiel, les ordinateurs, et réduit ses gammes à quelques produits. «Il faut dire non à un millier de choses pour s’assurer que nous ne faisons pas fausse route ou que nous n’en faisons pas trop», estimait Steve Jobs.

Ce management exigeant fait des ravages parmi les employés et les partenaires d’Apple, contraints de se fondre dans ce moule. «Steve Jobs a mis des personnes mal à l’aise et il en a fait pleurer», a confié Jean-Louis Gassée, ancien dirigeant d’Apple France, au magazine Fortune. «Mais il avait raison presque à chaque fois, et même lorsqu’il avait tort, il apportait une telle créativité que cela demeurait étonnant. Les démocraties ne font pas de superbes produits. Vous avez besoin pour ça d’un tyran compétent», a-t-il ajouté.

Bizzarement ou pas, le perfectionnisme n’est pas dans les livres de management. Vos réactions ?

Source: Le Figaro.fr, websites

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