L’open Space : coopération ou flicage ?

Un papier d’Alain d’Iribarne dans les Echos pose bien le problème de l’Open Space, ou le management par les collègues... Coopération ? Flicage ?

En matière d’espace de travail, on passe du fermé au tellement ouvert que les salariés en sont parfois gênés…

Une logique financière pousse à l’aménagement systématique d’espaces grand-ouverts, souvent mal acceptés par les salariés, car cet agencement perturbe les articulations nécessairement différenciées entre l’espace et le temps : le temps à soi et le temps avec les autres. Les salariés ont, en effet, tour à tour besoin de travailler en équipe projet et de traiter des dossiers en toute confidentialité, besoin de se réunir en petit nombre puis en grande assemblée. Ils sont aussi de plus en plus nomades, en mission chez le client ou à travailler chez eux. La question d’une approche intelligente de l’environnement de travail est donc cruciale et, pour y répondre, il convient d’associer les salariés à la réflexion.

Peut-on parler d’effet pervers du « tout-transparent » ?

Il y a des effets pervers du sentiment que tout est transparent, et ils s’empilent. D’abord, la question du bruit. Ensuite, les incidences négatives de la circulation des uns et des autres et la gêne que cela occasionne. Vient, enfin, la question de la confidentialité et le problème de la surveillance, sociale et hiérarchique. Il y a le sentiment parmi les salariés que, dans un espace ouvert, tout le monde espionne tout le monde, de sorte que l’idée de coopération cède le pas à celle de « flicage ». Ainsi, quand les employeurs parlent de transparence, les salariés ont dans la tête Michel Foucault, pour qui la transparence est la pire des choses. N’oublions jamais que l’être humain a un fort besoin d’intimité.

On est censé mieux communiquer, mais on se parle de moins en moins…

Des phénomènes d’intolérance apparaissent avec d’autant plus de force que le salarié est de plus en plus exigeant dans sa relation à l’autre et, surtout, dans la qualité de cette relation. En bureau fermé, il est facile de s’isoler pour bouder, puis de réapparaître plus tard pour faire la paix. C’est plus difficile en « open space », car on a constamment en face de soi la tête de celui ou de celle qui nous insupporte. Il fut une époque où l’insupportable était le chef. Aujourd’hui, l’insupportable est non seulement le chef, mais aussi le client et le collègue. Il s’agit de données psycho-affectives que les hiérarchies auraient grand tort de nier. Bien manager une équipe que l’on souhaite coopérante est une des tâches les plus difficiles qu’il soit. Les espaces ouverts fractionnés sont ceux qui peuvent le mieux aider à favoriser la coopération, car ils permettent de structurer l’espace de travail en des sous-ensembles adaptés aux divers besoins.

Source : http://www.lesechos.fr/management

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