La fin du management par la peur et par la menace ?

Peur à tous les étages

C’est un livre prémonitoire, bouclé dans l’été mais publié cette semaine: « La peur monte. Inexorablement, elle gagne de plus en plus d’hommes et de femmes. […] La peur sociale contemporaine touche encore plus de monde, jusqu’aux fonctionnaires et à l’emploi garanti à vie* ». Jean-Marc Vittori, éditorialiste aux Echos, décrit le sentiment qui touche les victimes de « l’effet sablier », les classes moyennes, dans une société contemporaine qui élimine le « milieu ». L’entreprise forme un sablier, en bas les « exécutants », en haut les « concepteurs ».

L’écrasement des hiérarchies mais surtout la perte de sens du travail provoquent cette peur. Et l’affaire France Télécom ne peut être considérée comme un épiphénomène.
La récession se termine mais la crise continue : le livre de Vittori offre une grille de lecture alors que la peur est au centre de cette rentrée. Pendant un an, le sol s’est effondré: certaines entreprises ont connu des chutes d’activité de 30 à 50%. Un an plus tard, à tous les étages, chacun a peur. Le dirigeant-propriétaire de voir son entreprise disparaître. Le dirigeant-manager de perdre son poste face à des actionnaires hypernerveux. Et les salariés de perdre leur place. La peur se transmet de haut en bas. Quand elle ne devient pas un mode de management.

Or, c’est dans ces circonstances que les dirigeants doivent rassurer. On attend du chef encore plus d’implication, pour expliquer, convaincre et susciter l’adhésion à un projet. On ne peut réellement mobiliser sur un levier comme la peur.

Surtout que la crise remet en question des pratiques devenues évidentes comme les méthodes « d’évaluation », appliquées de manière mécanique qui débouchent sur ce que le psychosociologue Christophe Dejours appelle « le management par la menace** « . (…)

Une crise a toujours du bon. Et des drames, hélas, peuvent aussi être utiles pour l’avenir.

* L’Effet sablier, Jean-Marc Vittori, Grasset, 116 p., 9 euros.
** Lire sa longue interview dans L’Humanité du 21 septembre: « Il n’y a pas de fatalité dans le suicide au travail! »

Source : JDD.fr

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